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Premier League : Place aux flops

Une fois mais pas deux

 

Il y a des équipes qui, une saison, réussissent un exploit, alors qu'on ne les y attendait pas forcément. Évidemment, la saison suivante, on les suit du regard. Mais quelles sont elles, ces équipes ? Nous en avons retenu deux : les champions sortants de Manchester City et les désormais relégués de Queens Park rangers.

Longtemps au coude à coude avec leurs voisins de United, les Citizens ont toutefois connu un coup de moins bien en début d'année civile. Mais s'agit-il réellement d'un coup de blues ou bien d'une incapacité à suivre la cadence des hommes de Ferguson ? On peut vraisemblablement penser que les deux sont liés. Le rythme imposé par Manchester United a en effet été très important tout au long de la saison, eux qui repartaient à la conquête d'un titre, qui avait été chipé par les skyblues dans le temps additionnel de la dernière journée. On ne peut cependant pas tout mettre sur ce compte là puisqu'en Ligue des Champions, les joueurs de Roberto Mancini ont connu un parcours catastrophique, au point de le voir s'arrêter dès les phases de poules. Les seuls départs de Johnson et d'Adebayor à l'inter-saison ne suffisent pas à expliquer ces contre-performances. Le mal se situait en réalité davantage en interne. Quoi de mieux que l'affaire Balotelli pour le prouver ? Cette saga où il nous aura été possible de suivre pendant plusieurs semaines les mésaventures de l'international italien, notamment les confrontations ouvertes avec son entraîneur, Roberto Mancini. L'histoire connaitra finalement sa fin avec le transfert de l'attaquant au Milan AC, le 1er Janvier 2013. Associé à ce départ les méformes successives de Dzeko, Nasri ou bien même Kompany. Le réveil tardif de ces cadres fut insuffisant, les red devils ayant déjà trop d'avance. Finalement en roue libre, les skyblues perdent même la finale de la coupe nationale contre Wigan, dans le temps additionnel, point d'orgue et d'ironie d'une saison ratée et à oublier pour les supporters, en attendant la suivante.

 

 

Après l'accession à l'élite du football anglais, les bleus et blancs de Queens Park quant à eux s'étaient maintenus de justesse. Les moyens financiers à disposition, on voyait les choses en grand du côté de Loftus Road, avec par exemple les arrivées en grande pompes de Julio César, Stéphane M'Bia, Granero, Ji-Sung Park, Bosingwa ou autre Fabio, ne serait-ce que pour le mercato estival ! En effet après une première partie de saison malgré tout ratée, notamment avec cette première défaite cinglante contre Swansea (0-5) à domicile, dès la première journée de championnat. De quoi lancer la musique. Il faudra même attendre le 15 décembre pour assister à leur première victoire, contre Fulham (2-1). Alors forcément le chéquier est de nouveau de sortie lors du mercato hivernal. Cette fois, c'est Loïc Rémy qui signe, avec toutefois une clause de départ en cas de relégation finale. Mais, malgré un petit regain de forme en début d'année civile, la mayonnaise ne prend finalement pas plus que cela et les contre-performances s'enchaînent à nouveau. Possédant une défense pourtant loin d'être ridicule – seulement 60 buts encaissés – c'est véritablement l'attaque et la cohésion de l'équipe qui pose problème, puisque seuls 30 petits buts sont inscrits par les joueurs de Redknapp, qui avaient fait le pari de sauver le club, après son départ de Tottenham. Pari raté donc auprès d'un club qui a prouvé que l'argent ne faisait pas forcément une équipe, et de supporters, qui ont pourtant souvent répondu présents lors des matchs à domicile, alors même que leur équipe était certaine de descendre. Finalement, 14 points de retard sur le premier non relégable...pour l'équipe compétitrice, on repassera.

Deux équipes qui avaient bien réussi leur fin de saison précédente, atteignant finalement leurs objectifs de justesse mais qui ne récidivent finalement pas. On dit souvent jamais deux sans trois, mais il est vrai que le une fois, pas deux est également aussi souvent de sortie.

 

Bah alors, on ne retient pas la leçon ?

 

Principal intéressé : Tottenham. Beau quatrième de l'exercice 2011/2012, les spurs n'avaient cependant pas participé à la Champion's League, du fait de la victoire de Chelsea dans cette même compétition. Pour cette saison, le club a certes vu partir des joueurs comme Saha, Modric ou encore Van der Vaart, mais a aussi vu arriver Hugo Lloris, Vertonghen, Dembélé, Bassong Adebayor ou enfin Holtby. Mais ce n'est pas sur tous ces joueurs que l'équipe s'est basée. On a en effet longtemps parlé de Gareth-dépendance et pour cause ! Le génial gaucher termine meilleur buteur du club avec 21 buts et a surtout illuminé la saison de ses buts sensationnels. Mais c'est bien là le soucis de Tottenham. Si l'équipe a semblé bien commencer la saison avec notamment un Bale qui marquait but sur but, sa blessure a ensuite ensablé le club qui a alors commencé à patiner. Les choix stratégiques d'André Villas Boas n'ont pas toujours été non plus les meilleurs et n'ont pas toujours porté le club vers le haut. L'élimination en League Europa en quarts de finale a également plombé la fin de saison des spurs qui connaissent alors un coup de mou et voient leur avance sur les gunners d'Arsenal fondre avant de complètement disparaître. De fait, pour une saison encore le club ne disputera pas la Champion's League et devrait même voir partir son joueur Gallois, élu joueur de l'année. Un mal pour un bien ? Pas certain dans la mesure où l'artificier s'est montré très important dans les grands rendez-vous, sauvant souvent son club par un coup de patte magique et ce dans les derniers instants de la rencontre. Offrant souvent des match spectaculaires, les coéquipiers d'Hugo Lloris finissent finalement cinquième. Pour rappel, le portier de l'équipe de France avait notamment quitté la capitale des Gaules pour glaner des titres et jouer la ligue des champions. Pari également raté pour cette saison. Reste à savoir s'il s'avèrera gagnant sur le long terme.

 

 

Bien tenté, mais...

 

On ne pouvait pas évoquer les flops sans parler de Newcastle. Que s'est-il passé ? C'est sans doute la question qu'ont due se poser les dirigeants de l'équipe la plus « frenchie » d'Angleterre. Européens à la fin de la saison 2011/2012, les magpies se sont totalement écroulés au cours d'un exercice 2012/2013 calamiteux, frôlant même la relégation. Le début de saison pourtant ne laissait pas présager un tel tremblement de terre. Certes peu flamboyants, les joueurs ne revenaient pas à chaque fois les mains vides de leur soirée footballistique. Finalement éliminés dès les phases de poules de la Ligue Europa et terminant à une place peu sure à l'issue de la phase aller, Mike Ashley a dès lors sorti le chéquier et s'est mis à piller la ligue 1 de nombreux de ses joueurs : Debuchy, Sissoko, Yanga-M'Biwa ou encore Gouffran, qui rejoignaient alors une communauté déjà bien installée au sein du club avec entre autre Hatem Ben Arfa, Sylvain Marvaux, Yohan Cabaye ou encore Gabriel Obertan... Avec ce genre d'effectif, le monde du football s'est alors dit que tout irait mieux pour les pensionnaires de St James' Park. C'est en effet ce qu'il a semblé se produire au début mais malheureusement pour eux, la qualité de buteur de Papiss Cissé était résolument insuffisante par rapport à celle de Demba Ba, parti vers d'autres cieux et notamment ceux du Londres de Chelsea pour suppléer Torres. Les magpies ont finalement terminé en roue libre, en se faisant notamment remarquer par le 0-6 reçu dans leur antre contre Liverpool. Ils avaient déjà connu l'humiliation à l'Emirates Stadium d'Arsenal, où, pour le premier match en tant que commentateur de Pierre Ménès, les coéquipiers d'Olivier Giroud s'étaient imposés 7-3. Quatre ans après sa triste relégation, les magpies ne sont pas passés loin de retomber dans leurs travers.

 

Quid de Liverpool ? Pauvres huitièmes lors de l'exercice précédent, les dirigeants, Tom Werner le premier, s'étaient fixés comme objectif de retrouver leur place en ligue des champions. Ce club, si célèbre dans l'histoire du football pour sa remontée à trois buts partout contre le Milan AC en finale de ligue des champions 2005 s'est peu à peu perdu dans les méandres du championnat. Cette volonté de retrouver l'Europe correspondant aux envies du peuple rouge d'Anfield Road, le mercato des reds s'est également aligné sur cette volonté. Ainsi Sahin ou Borini ont-ils signé et l'on attendait d'eux qu'ils portent le club vers l'avant. Ils ne se sont cependant jamais révélé à leur meilleur et réel niveau, de la même manière que Reina aura sans doute à quelques occasions hypothéqué les chances de son équipe de revoir la plus prestigieuse des compétitions européennes. On évoque même le fait qu'il s'agirait pour le portier espagnol de sa plus mauvaise saison en Angleterre depuis des lustres, voire même depuis ses débuts. Et pourtant, Liverpool a tout de même terminé septième, titillant pendant longtemps les cinq premiers avant de décrocher. Cette place, ils la doivent à un homme : Suarez, qui aura porté le poids du maillot rouge sur ses épaules de formidable manière tout au long de la saison. Le buteur uruguayen aurait même sans doute terminé meilleur buteur du championnat s'il n'avait pas été l'auteur de frasques dont il a malheureusement l'habitude. Il termine avec 23 réalisations, finalement dépassé par Robin Van Persie en fin de saison. Derrière Suarez, on notera quand même la présence de l'inoxydable capitaine Steven Gerrard, certes moins fringant mais toujours aussi décisif, comme il l'aura démontré à plusieurs reprises au cours de la saison. Cela reste insuffisant cependant pour des reds qui, à défaut de marcher avec de nouveaux trophées pleins les poches, continuent de ne jamais marcher seuls. Cependant, même Anfield Road aura vu son affluence moyenne baisser cette saison... la musique de la ligue des champions, ce n'est peut-être pas encore pour tout de suite...

Ainsi Newcastle et Liverpool sont deux clubs qui, sur les bases de la saison dernière, ont essayé de se porter davantage vers l'avant, essayant de recruter malin et en se reposant sur les fondements de jeu de leur équipe respective. On est bien tenté de dire, bien essayé mais...ce n'est pas encore assez.

 

 

 

Mullois Quentin.

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